SANTE




Par Messan Gabi - 27/01/2026
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Togo : Le Synphot veut transformer l'accueil dans les hôpitaux publics

Longues files d'attente, accueil parfois distant, infrastructures vieillissantes : les patients togolais connaissent bien les défis des hôpitaux publics. Le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot) a décidé de s'attaquer frontalement à ces problèmes. Dimanche 26 janvier 2026, l'organisation a officiellement lancé au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sylvanus Olympio de Lomé une initiative ambitieuse destinée à transformer l'expérience des usagers du système de santé.
Baptisé « Amélioration de la qualité d'accueil et lutte contre la mauvaise gouvernance et les actes illicites dans les centres de santé », ce projet marque un tournant dans l'approche du Synphot. Financé par la Banque mondiale à travers le programme SSEQCU, il traduit la volonté du syndicat de dépasser son rôle traditionnel de défenseur des intérêts professionnels.


"Le syndicat des praticiens hospitaliers, bien qu'il soit un syndicat, veut aussi s'assurer de la qualité des soins dans les centres de santé", a déclaré le Dr Gilbert Agbétoglo, médecin en santé publique et membre du Synphot. 
L'originalité du projet réside dans sa conception globale de l'accueil hospitalier. "L'accueil, comme on le remarque aisément, est tripartite", a expliqué le Dr Agbétoglo. 
"L'accueil, c'est aussi les infrastructures, c'est aussi le processus qui est mis en place, mais c'est aussi le personnel."
Cette vision holistique reconnaît que la qualité de l'accueil ne dépend pas uniquement des compétences humaines du personnel soignant. Les infrastructures délabrées, les procédures administratives complexes et l'absence de circuits clairs contribuent tout autant à la mauvaise expérience des patients. En s'attaquant simultanément à ces trois dimensions, le Synphot espère produire un changement systémique durable.
Le projet comporte deux volets complémentaires. D'une part, il prévoit des formations pour renforcer les compétences du personnel de santé en matière d'accueil et promouvoir de meilleures pratiques professionnelles. Ces sessions viseront à développer l'empathie, la communication et la gestion des situations difficiles avec les patients et leurs familles.
D'autre part, le Synphot entend mener des discussions avec les responsables officiels. "Ce projet a pour objectif de former les agents de santé sur l'accueil et de mener des discussions avec les officiels, parce que l'accueil ne tient pas seulement compte du personnel", a souligné le Dr Agbétoglo. Cette approche reconnaît que certains dysfonctionnements relèvent de décisions structurelles qui échappent au contrôle du personnel de première ligne.
L'intitulé complet du projet ne laisse aucune ambiguïté : au-delà de l'amélioration de l'accueil, il s'agit également de lutter contre "la mauvaise gouvernance et les actes illicites dans les centres de santé". Cette dimension anti-corruption témoigne de la volonté du Synphot de s'attaquer aux pratiques qui minent la confiance des usagers : détournements de médicaments, surfacturations, paiements informels, favoritisme dans l'attribution des soins.
En choisissant d'assainir l'environnement hospitalier, le Synphot prend un risque politique non négligeable. Dénoncer les actes illicites implique nécessairement de pointer du doigt des responsabilités, parfois à des niveaux hiérarchiques élevés. Cette audace pourrait toutefois s'avérer payante si elle parvient à restaurer la confiance entre patients et prestataires de santé.
Le CHU Sylvanus Olympio de Lomé a été choisi comme site pilote pour cette expérimentation. Ce choix stratégique s'explique par la taille et la visibilité de cet établissement de référence, qui traite quotidiennement des centaines de patients venus de tout le pays. Les leçons tirées de cette phase initiale permettront d'affiner la méthodologie avant une extension progressive à d'autres établissements de santé à travers le Togo.

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