CULTURE




Par Messan Gabi - 13/07/2026
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Evala 2026 : à Tchitchao, les arènes vibrent au rythme des demi-finales

Les premiers rayons du soleil éclairent à peine les collines de Tchitchao que les chemins menant aux arènes sont déjà noirs de monde. Des groupes de jeunes avancent en chantant, des femmes vêtues de pagnes traditionnels prennent place à l'ombre des arbres, tandis que les anciens observent, sereins, les préparatifs d'une nouvelle journée des Evala. Ici, chacun connaît l'importance de ce rendez-vous. Plus qu'une compétition, c'est un héritage qui se transmet.

Dans la foulée, les lutteurs font leur entrée dans l'arène sous les ovations de leurs proches. Les regards se croisent, les épaules se frôlent, puis vient le silence. En quelques secondes, la foule explose au rythme des prises, des esquives et des projections. Chaque victoire est applaudie, chaque défaite accueillie avec dignité, dans le respect des règles héritées des anciens.
Le courage comme premier enseignement
Les demi-finales disputées ce dimanche ont offert un spectacle à la hauteur des attentes. Sur le terrain de Kazangabiyo, la coalition Bou a pris le meilleur sur Fatou au terme de confrontations disputées, validant ainsi son billet pour la finale. Chez les Ahoza, les jeunes non encore initiés, Fatou a inversé la tendance en s'imposant avec détermination.
À quelques kilomètres de là, sur le terrain de l'École primaire publique centrale de Tchitchao, les supporters de Hazè-Lohou ont laissé éclater leur joie après la nette victoire de leur coalition face à Kigbèling. Là encore, les jeunes Ahoza ont montré que la relève est déjà prête à perpétuer cette tradition séculaire.
Une fête qui dépasse les arènes
Présent pour cette journée, le ministre de l'Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, représentant le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a suivi les empoignades aux côtés des autorités traditionnelles et administratives. Sa présence illustre l'attachement des pouvoirs publics à une manifestation qui constitue l'un des piliers du patrimoine culturel togolais.
Mais les Evala ne se vivent pas uniquement sur le sable des arènes. Autour des terrains, les marchés s'animent, les restauratrices ne désemplissent pas, les artisans exposent leurs créations et les groupes folkloriques entretiennent l'ambiance jusqu'à la tombée de la nuit. Les retrouvailles familiales se mêlent aux échanges entre visiteurs venus de toutes les régions du pays et de la diaspora, transformant chaque journée en une véritable célébration populaire.
La finale en ligne de mire
À Tchitchao, les conversations se tournent désormais vers la grande finale prévue ce lundi 13 juillet sur le terrain cantonal de Gnanzidah. Les coalitions qualifiées tenteront d'inscrire leur nom au palmarès de cette édition 2026, tandis que, dans d'autres cantons du pays kabyè, les chants, les rites initiatiques et les danses traditionnelles continueront de rythmer une semaine où la culture demeure la véritable victorieuse.



Ce reportage est réalisé avec l’appui de l’Autorité de la Coordination de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (ACP)

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